Olivier Chabaud vu par… Dominique Dion
Dominique Dion collabore régulièrement aux projets d’Olivier Chabaud. Ils se sont rencontrés à Lisaa (Institut supérieur des arts appliqués) où ils enseignent tous les deux. Il nous parle de la carafe Ondine et des thermes d’Evian.
« Quand on se sert de cette carafe, l’eau coule en deux filets qui finissent par se rejoindre. C’est lié au pliage de la céramique, en double-bec. Tout tient dans ce mouvement et dans ce geste, verser de l’eau, qui est la fonction première de la carafe. Ce n’est qu’un cylindre, très simple, que l’on saisit à pleines mains, mais quelque chose se passe, c’est tactile, comme si l’on prenait le bras de quelqu’un. C’est un échange, presque une rencontre.
Cela renvoie à la personnalité d’Olivier et à sa façon d’appréhender l’autre. Il le laisse venir à lui, se découvrir par petites touches. La relation se noue petit à petit.
C’est pareil avec cette carafe ou les thermes d’Evian. Olivier ne nous donne pas de mode d’emploi, les évidences ne l’intéressent pas.
Tout n’est pas perceptible au premier coup d’œil, c’est à nous de faire notre propre découverte. C’est en nous déplaçant dans les thermes que nous pouvons en découvrir toutes les subtilités. Les formes évoluent en fonction de notre position et il se passe quelque chose d’autre, de nouveau.
En architecture, on appelle cela un « scénario ». C’est le secret des plus « grands » : permettre la création d’une histoire, d’une rencontre, d’une émotion, sans rien imposer.»
Propos recueillis par Agnès Morel

Olivier Chabaud vu par… Jean-François Bellemère
Jean François Bellemère connaît très bien Olivier Chabaud. Ils se sont rencontrés pendant leurs études d’architecture à Paris, et ont collaboré ensemble sur de nombreux projets. Ami de toujours, il édite aujourd’hui certaines de ses créations, aux éditions Compagnie.
« Le plus important, pour Olivier, cela n’est pas d’apposer sa signature sur un projet, mais de proposer la réponse qu’il faut, celle qui s’impose. Tout naît de la contextualité dans laquelle s’inscrit le projet. La contextualité détermine la réponse. C’est son point de départ : la situation, le milieu, les enjeux, les fonctions... Il va les questionner. Ne rien laisser s’échapper. Ce qui le caractérise, c’est qu’il se pose toutes les questions possibles, et même les questions que l’on n’imaginait pas. C’est sa tournure d’esprit. Il interroge le projet dans toutes ses facettes jusqu’à ébranler ce que l’on prenait pour acquis, ce que l’on prenait pour des certitudes. Cela va lui permettre d’en construire d’autres, de bâtir de nouvelles certitudes qui vont donner la solidité à sa réponse, à son projet. A cet instant, il se sera suffisamment posé de questions pour savoir que sa réponse est LA réponse. Ce travail de questionnement, de recherche, de proposition, c’est quelque chose qui lui tient particulièrement à cœur. C’est comme un jeu. Un défi à résoudre. Il y met tout son être et c’est je crois, sa jubilation. Chaque nouveau projet est une éternelle première fois. Il porte toujours un regard neuf. »
Propos recueillis par Agnès Morel

Olivier Chabaud vu par… lui même
Quel est votre point de départ ?
Tout part d'une envie d'aventure. C'est terriblement excitant de découvrir un espace et d'y projeter un avenir. Tout peut exister et on doit choisir… Un long processus commence alors pour atteindre ce qui nous semble essentiel.
Quelle est votre méthode de création ?
Rien d’intéressant n’émerge si je ne me plonge pas, tout d’abord, dans le contexte du projet et de ses contraintes, afin de me les approprier. Plus c’est difficile, plus c’est passionnant. Le travail de l’agence ne serait pas légitime, je crois, sans ce travail d’analyse.
Quelle est l’importance de la forme ?
Peu importe l’échelle du projet, que cela soit de l’architecture ou du mobilier, ce que j’aime, c’est manipuler une forme et un volume, pour leur faire exprimer un concept. Mais la forme n’est rien si elle n’a pas de sens, si elle ne résout pas une problématique plus complexe.
C’est à dire ?
Les lignes et les angles évoluent en fonction du mouvement du sujet. En se déplaçant, il peut percevoir différemment les objets, les espaces, les perspectives. Il se passe alors d’autres choses, un autre ressenti, une nouvelle émotion. Celle-ci nous apprend l’usage du lieu, une sorte de mode d’emploi sensible. Cette approche sensible est permise par le choix le plus juste des détails et des matériaux, issue de notre connaissance du milieu artisanal et industriel.
Vers quels projets aimeriez – vous aller ?
Peut-être un projet culturel. Depuis six mois, je rêve régulièrement d'une petite chapelle. J'espère la dessiner un jour…
Propos recueillis par Agnès Morel

Crédits photographiques : Michel Denancé, Nathalie Jouan, Philippe Harden, Christian Mac Manus, Bruno Barjhoux, Karim Bagoée, Chabaud+Lévêque, Gaël Hiétin, Laure Manac'h.


Studio Plastac, graphistes du site
Built in Indexhibit, visit indexhibit

Olivier Chabaud vu par… Dominique Dion
Dominique Dion collabore régulièrement aux projets d’Olivier Chabaud. Ils se sont rencontrés à Lisaa (Institut supérieur des arts appliqués) où ils enseignent tous les deux. Il nous parle de la carafe Ondine et des thermes d’Evian.
« Quand on se sert de cette carafe, l’eau coule en deux filets qui finissent par se rejoindre. C’est lié au pliage de la céramique, en double-bec. Tout tient dans ce mouvement et dans ce geste, verser de l’eau, qui est la fonction première de la carafe. Ce n’est qu’un cylindre, très simple, que l’on saisit à pleines mains, mais quelque chose se passe, c’est tactile, comme si l’on prenait le bras de quelqu’un. C’est un échange, presque une rencontre.
Cela renvoie à la personnalité d’Olivier et à sa façon d’appréhender l’autre. Il le laisse venir à lui, se découvrir par petites touches. La relation se noue petit à petit.
C’est pareil avec cette carafe ou les thermes d’Evian. Olivier ne nous donne pas de mode d’emploi, les évidences ne l’intéressent pas.
Tout n’est pas perceptible au premier coup d’œil, c’est à nous de faire notre propre découverte. C’est en nous déplaçant dans les thermes que nous pouvons en découvrir toutes les subtilités. Les formes évoluent en fonction de notre position et il se passe quelque chose d’autre, de nouveau.
En architecture, on appelle cela un « scénario ». C’est le secret des plus « grands » : permettre la création d’une histoire, d’une rencontre, d’une émotion, sans rien imposer.»
Propos recueillis par Agnès Morel

Olivier Chabaud vu par… Jean-François Bellemère
Jean François Bellemère connaît très bien Olivier Chabaud. Ils se sont rencontrés pendant leurs études d’architecture à Paris, et ont collaboré ensemble sur de nombreux projets. Ami de toujours, il édite aujourd’hui certaines de ses créations, aux éditions Compagnie.
« Le plus important, pour Olivier, cela n’est pas d’apposer sa signature sur un projet, mais de proposer la réponse qu’il faut, celle qui s’impose. Tout naît de la contextualité dans laquelle s’inscrit le projet. La contextualité détermine la réponse. C’est son point de départ : la situation, le milieu, les enjeux, les fonctions... Il va les questionner. Ne rien laisser s’échapper. Ce qui le caractérise, c’est qu’il se pose toutes les questions possibles, et même les questions que l’on n’imaginait pas. C’est sa tournure d’esprit. Il interroge le projet dans toutes ses facettes jusqu’à ébranler ce que l’on prenait pour acquis, ce que l’on prenait pour des certitudes. Cela va lui permettre d’en construire d’autres, de bâtir de nouvelles certitudes qui vont donner la solidité à sa réponse, à son projet. A cet instant, il se sera suffisamment posé de questions pour savoir que sa réponse est LA réponse. Ce travail de questionnement, de recherche, de proposition, c’est quelque chose qui lui tient particulièrement à cœur. C’est comme un jeu. Un défi à résoudre. Il y met tout son être et c’est je crois, sa jubilation. Chaque nouveau projet est une éternelle première fois. Il porte toujours un regard neuf. »
Propos recueillis par Agnès Morel

Olivier Chabaud vu par… lui même
Quel est votre point de départ ?
Tout part d'une envie d'aventure. C'est terriblement excitant de découvrir un espace et d'y projeter un avenir. Tout peut exister et on doit choisir… Un long processus commence alors pour atteindre ce qui nous semble essentiel.
Quelle est votre méthode de création ?
Rien d’intéressant n’émerge si je ne me plonge pas, tout d’abord, dans le contexte du projet et de ses contraintes, afin de me les approprier. Plus c’est difficile, plus c’est passionnant. Le travail de l’agence ne serait pas légitime, je crois, sans ce travail d’analyse.
Quelle est l’importance de la forme ?
Peu importe l’échelle du projet, que cela soit de l’architecture ou du mobilier, ce que j’aime, c’est manipuler une forme et un volume, pour leur faire exprimer un concept. Mais la forme n’est rien si elle n’a pas de sens, si elle ne résout pas une problématique plus complexe.
C’est à dire ?
Les lignes et les angles évoluent en fonction du mouvement du sujet. En se déplaçant, il peut percevoir différemment les objets, les espaces, les perspectives. Il se passe alors d’autres choses, un autre ressenti, une nouvelle émotion. Celle-ci nous apprend l’usage du lieu, une sorte de mode d’emploi sensible. Cette approche sensible est permise par le choix le plus juste des détails et des matériaux, issue de notre connaissance du milieu artisanal et industriel.
Vers quels projets aimeriez – vous aller ?
Peut-être un projet culturel. Depuis six mois, je rêve régulièrement d'une petite chapelle. J'espère la dessiner un jour…
Propos recueillis par Agnès Morel

Crédits photographiques : Michel Denancé, Nathalie Jouan, Philippe Harden, Christian Mac Manus, Bruno Barjhoux, Karim Bagoée, Chabaud+Lévêque, Gaël Hiétin, Laure Manac'h.


Studio Plastac, graphistes du site
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